Financement: Les banques refusent de financer les économies de la CEMAC

Financement: Les banques refusent de financer les économies de la CEMAC dans Analyses & Réflexions & Prises de position 1292341784429

 

 

 

 

 

 

 

Xavier MESSÈ, dans sa correspondance du 19  juin 2013 pour  le journal Mutations, est revenu sur  les échanges de la «conférence internationale sur le financement des économies dans la Cemac» du 13 juin dernier à Libreville, au Gabon. Dans son papier, il ressort le paradoxe des banques de la sous- région qui ont  des sur-liquidités;mais, traînent encore à financer l’économie de la CEMAC. Voici pour vous, ladite correspondance.

« La question est devenue récurrente en Afrique: comment expliquer le paradoxe qui fait que, alors que des besoins considérables existent pour financer les économies notamment, celles de la sous région de l’Afrique centrale, des banques commerciales et autres structures de microfinance, ploient sur des sur-liquidités sans en prêter suffisamment à ceux qui créent des entreprises? Quand les banques finissent par intervenir, leur niveau d’intervention est extrêmement faible alors qu’elles sont tapies sur des matelas d’argent.

Pourtant, en janvier 2010, les Chefs d’Etat de la Cemac avaient adopté un programme de développement économique dénommé «Programme économique régional». A mi parcours de la 3ème année de cette ambition politique, il semble que très peu de choses, ou presque rien ne pointe à l’horizon des attentes.

La Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), qui est la banque d’émission des Etats, est par ailleurs l’un des instruments les plus fiables, susceptibles de penser, de construire ou de recommander aux Etats des pistes pouvant contribuer à mettre en place un tissu économique fiable, reposant sur l’industrie en priorité. C’est certainement pour comprendre les écueils, mesurer les instruments disponibles pour parvenir aux objectifs du Per, que le Gouverneur de la Beac a provoqué la «conférence internationale sur le financement des économies dans la Cemac». Ce cadre d’échanges s’est tenu le 13 juin dernier à Libreville, capitale du Gabon.

L’initiateur de cette conférence a orienté la réflexion et les échanges d’expériences sur les contraintes qui pèsent sur l’accès des entreprises de la zoné Cemac, au financement de leurs structures ou des initiatives qu’ils entreprennent. Ceux qu’on qualifie aujourd’hui de «pays émergents» sont pour les pays africains, des modèles réussis. Les économies de la zone peuvent-elles s’inspirer des profils gagnants de ces «émetteurs»? Les institutions publiques africaines, avec leurs pesanteurs, leurs maux, leurs travers, y compris ceux de la Beac, elle, invitée instamment à se réformer et à sortir de sa posture condescendante, ne constituent-elles pas aussi des freins à l’avènement de l’émergence des économies de la zone Cemac?

Le constat était fait. Le paradoxe de la sur-liquidité bancaire et la sécheresse des financements, relevés aussi par Lucas Abaga Nchama, le Gouverneur de la Beac, dans son discours de circonstance à Libreville. Qui peut donc quoi? Du poncepilatisme propre affiché. Personne n’est responsable de rien, même pas les Etats. Pourtant, la régulation du système bancaire relève de la compétence de la Beac de la Cobac, donc des Etats. Il fallait tout de même dénicher les causes du paradoxe, les failles du système bancaire en Afrique centrale, et surtout tenter d’envisager des solutions idoines. Cela a été fait.

Quatre exposés des personnes du terrain étaient attentivement suivis. Avant d’écouter ces exposés, le Président Ali Bongo Ondimba, dans une attitude débonnaire qu’il arborera tout au long des travaux, prescrivait cette orientation à la Beac: «Une Afrique qui pense est une Afrique en devenir. La Beac est invitée à soutenir la croissance des Etats… Son Gouverneur est un esprit brillant, avec des initiatives innovantes dont nous avons besoin. Je suis attentif à tout ce que vous suggérerez. Restez attentifs au secteur privé. Les Africains ne doivent pas être absents des politiques qui ont fixé à l’économie de nouvelles frontières», a instruit le Chef de l’Etat gabonais à l’endroit des techniciens de la Beac et des experts appelés à proposer des solutions aux décideurs.

Parmi ces hommes de terrain appelés à partager leur expérience, il y avait Thierry Tanoh. Ivoirien ayant grandi, étudié en France et moulé au sein des institutions de Breton Wood, il est Directeur Général du groupe Ecobank depuis décembre dernier. De sa position panafricaniste, il était le mieux placé pour parler des difficultés que rencontre sa banque au sein du marché bancaire zone Cemac, lesquelles difficultés provoquent le recul des engagements bancaires dans le financement des économies.

La contribution de Joseph Tindjou, le Directeur Général de Ccei Bank, filiale d’Afriland Bank en Guinée Equatoriale était très suivie.. Cette banque qui est partie des tontines à une multinationale, est bien placée pour distiller des conseils et faire des recommandations appropriées. Son Directeur Général à la conférence, déplora l’absence d’une comptabilité régulière et transparence dans la gestion des Pme qui permettrait à une banque d’avoir une bonne lisibilité sur le fonctionnement de cette entreprise. Du coté de la banque, il recommande, l’application des taux d’intérêts qui n’étoufferaient pas les entreprises même existantes de longue date. »

Source: Mutations

 

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