« COMMENT FAIRE DE LA CAN 2019 UNE OPPORTUNITÉ POUR DOPER LES ACTIVITÉS DES ENTREPRISES ET ACCÉLÉRER LA CROISSANCE ? » Synthèse du Diner-débat du GICAM

« COMMENT FAIRE DE LA CAN 2019 UNE OPPORTUNITÉ POUR DOPER LES ACTIVITÉS DES ENTREPRISES ET ACCÉLÉRER LA CROISSANCE ? » Synthèse du Diner-débat du GICAM  dans Analyses & Réflexions & Prises de position logoGicam

Le Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM) a organisé un Diner-Débat le  19 novembre 2014 au Hilton Hôtel de Yaoundé,  sur le thème « COMMENT FAIRE DE LA CAN 2019 UNE OPPORTUNITÉ POUR DOPER LES ACTIVITÉS DES ENTREPRISES ET ACCÉLÉRER LA CROISSANCE ? »  Nous vous relayons  ici la SYNTHÈSE de cette rencontre publiée sur le site web du GICAM. A la lecture de ce rapport, vous aurez assurément une idée bien précise des grands chantiers à venir en vue du déroulement  des Coupes d’Afrique de Nations 2016 et 2019 au Cameroun.

L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations est un moment d’allégresse sur le continent africain que les populations du pays d’accueil célèbrent généralement avec exubérance. 42 ans après la première expérience en 1972, le Cameroun accueillera la 32è édition de la Coupe d’Afrique des Nations en 2019 (CAN 2019). Un véritable défi pour ce pays qui est non seulement l’un des rares du continent à avoir remporté quatre éditions, mais également la première nation africaine qui a atteint les quarts de finale dans une coupe du monde de football. On peut donc comprendre pourquoi les camerounais ont célébré avec euphorie la désignation de leur pays pour l’organisation de la CAN 2019 au sortir d’une réunion de la CAF au mois de septembre dernier. Mais au-delà de la CAN dont l’organisation mobilisera d’importantes ressources, il existe de nombreux enjeux économiques susceptibles de modifier le sentier de développement du Cameroun et permettre d’atteindre l’émergence plus tôt que prévu. En particulier, l’organisation de la CAN 2019 peut permettre au Cameroun de financer les améliorations qui auraient pu être programmées pour plus tard. En décidant de consacrer la première édition de son Diner-Débat à Yaoundé à la CAN 2019, le GICAM a voulu matérialiser son adhésion totale à ce Grand Projet mais surtout, regarder au-delà de la fierté nationale qu’elle procure pour scruter les avantages économiques de son organisation. En particulier, il s’agissait de :

– informer les entreprises des opportunités de la CAN 2019 ;

– examiner les contraintes à lever et les mesures à prendre pour de faciliter la participation des entreprises locales aux travaux de la CAN 2019 ;

– échanger sur les stratégies et les projets pour démultiplier et pérenniser les effets de la CAN 2019 sur l’activité des entreprises locales en particulier et l’économie en général.

Exactement 253 participants étaient présents notamment les hauts responsables des administrations publiques, les chefs d’entreprises privées et parapubliques, les experts du football et les journalistes. Pour fixer le cadre des échanges, trois membres du Gouvernement concernés au premier degré.

dd%2019%20nov%2018 . Adoum GAROUA dans Annonces et Infos

Il s’agit de : – M. Adoum GAROUA, Ministre des Sports et de l’Education Physique ;

2 – M. Laurent Serge ETOUNDI NGOA, Ministre des PME, de l’Economie sociale et de l’Artisanat ;

– M. Maïgari BELLO BOUBA, Ministre d’Etat, Ministre du Tourisme et des Loisirs,

A ces hautes personnalités, s’est joint M. Nasser NJOYA, Managing Director de Palmarès Sport. Les échanges ont été modérés par M. André FOTSO, Président du GICAM qui, en guise d’introduction, a rappelé la vision du GICAM qui est de mobiliser tous les acteurs autour de l’accélération de la croissance afin de gagner au moins un point par an pour atteindre un taux de croissance à deux chiffres à l’horizon 2020. A cet égard, M. André FOTSO est convaincu que l’organisation de la CAN viendra donner un coup de pousse important à notre économie à travers tous les grands chantiers que cela impliquera. Il a également indiqué que c’est une occasion pour mobiliser les ressources importantes pour la construction des infrastructures de développement et l’industrie touristique. Pour lui, les effets d’entrainement de la CAN sur les autres secteurs sont également importants.

Au passage, le Président du GICAM a esquissé quelques statistiques pour étayer son propos. On note par exemple que l’Afrique du Sud a dépensé 2 293 milliards de FCFA pour organiser la coupe du monde 2010 qui lui a permis d’engranger un surcroit de 0,4 point de pourcentage de croissance du PIB.

Le premier panéliste à prendre la parole a été M. Adoum GAROUA, Ministre des Sports et de l’Education Physique, qui a indiqué de prime abord son l’intention de rencontre le patronat sur la problématique de l’intérêt des entreprises par rapport au sport. Il souhaiterait en particulier savoir la position du GICAM par rapport à l’industrie du sport au Cameroun. Dans la suite de son propos, le Ministre chargé des Sports a souhaité préciser que le Cameroun organisera deux CAN. Une CAN féminine en 2016, qu’on a tendance à oublier, et la CAN masculine de 2019.

Le MINSEP a alors esquissé le cahier de charge des CAN 2016 et 2019. On retient que la CAN 2016 aura lieu dans les villes de Yaoundé et Limbé alors que pour celle de 2019, les villes de Yaoundé, Douala, Limbé, Garoua et Bafoussam ont été retenues. Concernant les infrastructures sportives, pour la CAN 2016, le stade de Yaoundé sera réhabilité aux normes de la CAF et de la FIFA et celui de Limbé est presque achevé, reste la construction des voies d’accès et l’électrification. Pour la CAN 2019, il faudra un minimum de cinq stades par ville dont un devant accueillir les matchs et quatre pour les entrainements des équipes qualifiées. Les pelouses de ces stades doivent être gazonnées aux normes. Il a terminé son propos en indiquant que les cahiers de chargé de l’organisation des CAN 2016 et 2019 prévoient également de nombreuses infrastructures dans les secteurs du transport, des voiries urbaines, de la santé et du tourisme. 3

A la suite de M. Adoum GAROUA, la parole est revenue à M. Laurent Serge ETOUNDI NGOA, Ministre des PME, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat, qui a insisté sur la mise à niveau des entreprises et la sous-traitance comme seules voies aux entreprises locales de tirer profit de l’organisation de la CAN 2019. Il indique que les stades devront être construits par les grandes entreprises de génie civil qui sont globalement des entreprises étrangères. Il est prévu 30% à la sous-traitance. Toutefois, les entreprises locales doivent disposer d’équipements technologiques pour prétendre aux 30%. Elles doivent par conséquent se mettre à niveau. Pour clore son propos, il recommande aux entreprises locales d’adhérer à la bourse de sous-traitance et d’être plus mobilisées pour engranger des parts de marché.

M. Maïgari BELLO BOUBA, Ministre d’Etat, Ministre du Tourisme et des Loisirs a entretenu les participants sur la place du tourisme dans l’économie avant de faire un bilan de l’infrastructure hôtelière du Cameroun au regard de ce qui est exigé dans le cadre de l’organisation de la CAN 2019. Le Ministre d’Etat indique que le tourisme est devenu la première industrie, devant l’industrie pétrolière et autres types d’industrie. S’agissant de l’organisation des CAN, les hôtels devront répondre aux attentes de la CAF, des joueurs et des spectateurs. Il faudra pour cela au moins trois hôtels de quatre étoiles dans chaque ville qui abritera la CAN. Nous sommes encore très en deçà de ce nombre. En particulier, il n’existe aucun hôtel quatre étoiles dans la ville de Bafoussam, pressentie pour accueillir certains matchs de la CAN 2019. Poursuivant son propos, le Ministre d’Etat en charge du tourisme signale également l’importance de la restauration, du divertissement et des agences de voyages qui doivent être aux normes dans le cadre des CAN 2016 et 2019. Le secteur de l’artisanat est également très important car les touristes qui viendront à la CAN emporteront des souvenirs, des oeuvres d’art et de la culture. En conclusion, le Ministre d’Etat a évoqué la loi du 18 avril 2013 sur les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun particulièrement favorable au secteur du tourisme. Il a également révélé le Gouvernement s’attelait à mettre des disponibilités foncières pour la construction des hôtels et des stades.

Le 4ème intervenant, M. Nasser NJOYA, Managing Director de Palmarès Sport a structuré sa présentation sur trois points : les contraintes actuelles des entreprises locales pour participer aux travaux de la CAN ; les compétences nécessaires aux entreprises locales pour participer aux travaux de la CAN 2019 ; et les différents partenariats nécessaires avec les entreprises locales pour la construction, la mise aux normes, l’entretien et la viabilisation des infrastructures de la CAN 2019. S’agissant du premier point, M. Nasser NJOYA note le manque d’expérience des entreprises locales, la petitesse de la taille de la majorité d’entre elles, les moyens financiers, les difficultés d’accès au crédit et les incertitudes liées au lendemain de la CAN. En particulier, pour ce qui est des incertitudes liées à l’après CAN, l’orateur 4 indique que le plus souvent, les entreprises se posent cette question lancinante : « Investir des centaines de millions dans un centre de loisir… ou touristique comme un hôtel pour juste avoir un pic de la clientèle durant les 3 semaines de l’événement. ET APRÈS ? » Concernant les compétences nécessaires aux entreprises locales pour participer aux travaux de la CAN 2019, l’orateur indique que pour que la CAN soit rentable à long terme, il faut des stades « nouvelles générations » où les spectateurs peuvent acheter leur billet en ligne, divers services sont proposés à l’intérieur des stades comme la restauration, la garderie des enfants à bas âges, les salles de spectacles et de cinéma et les magasins. Ainsi, pour les BTP, il faudra les compétences dans la construction des routes, de la voirie urbaine, de la construction d’ouvrage d’art (divers bâtiments, stades, hôpitaux, etc.), le maniement d’engins, les monteurs de lignes caténaires et réseaux électriques, les géomètres, les topographes, etc. Il faut également des spécialistes dans la restauration, le e-commerce, la garderie, la distribution. Sont aussi nécessaires les agences du tourisme, de marketing et de régie publicitaire, l’ingénierie artistique et de la culture et l’organisation des spectacles. S’agissant des partenariats, l’expert propose la création d’une structure adaptée au quotidien de l’entreprise en particulier un « GUICHET UNIQUE » de toutes les opérations liées à l’organisation et la gestion de la CAN qui permettra de réduire le temps de décision tant pour l’Etat que pour les entreprises impliquées dans ce Grand projet. Il préconise des partenariats public-privé (PPP) pour la construction de diverses infrastructures. Il propose le NAMING RIGHT, pratique qui consiste à donner à un stade le nom d’une entreprise, pour financer, construire et entretenir les stades. Pour terminer son propos, M. Nasser NJOYA suggère aux entreprises locales de se mettre ensemble pour soumissionner les marchés dans le cadre de l’organisation des CAN 2016 et 2019. Les échanges qui ont suivi ces interventions ont soulevé diverses préoccupations. En particulier, il a été évoqué :  l’absence de la liste des projets à réaliser dans le cadre de la préparation des deux CAN 2016 et 2019 ;  le problème de la préférence nationale qui doit être clairement définie ;  les lendemains de la CAN : qu’est ce que les hôtels construits vont devenir après la CAN si on ne promeut pas assez la destination Cameroun ?  la disponibilité de l’information : où trouver la documentation nécessaire pour y prendre part ?  les capacités du Cameroun à construire tous les stades requis en 04 ans ?  la qualité et la pérennité des stades : est-ce que les normes géotechniques ont été prises en compte ? 5  la rentabilité des stades : comment les infrastructures de la CAN seront-elles rentabilisées dans le temps ?  la place de la diaspora : qu’est ce qui est réservé aux camerounais de la diaspora ?  l’emploi des locaux dans les projets de construction des infrastructures de la CAN ;  les mesures du Gouvernement pour accompagner les investisseurs dans le cadre de l’organisation de la CAN ;  et la question du foncier : au Tchad par exemple, la vente des terrains au franc symbolique a permis de booster le secteur de l’hôtellerie. En réponse à ces multiples préoccupations, les membres du Gouvernement ont apporté des éclaircissements. On note en particulier que des MOU on été signés avec les entreprises étrangères qui devront construire et réhabiliter les stades. Un Comité d’Organisation des deux CAN a été mis en place. Ce comité mettra à la disposition des opérateurs économiques des informations en temps opportun. La loi du 18 avril sur les incitations à l’investissement privé au Cameroun est assez favorable au tourisme et à plusieurs types d’activités qui peuvent être menées par les entreprises dans le cadre de la CAN. Le Ministère chargé du foncier s’attelle à mettre en place des réserves foncières pour les potentiels investisseurs. Il a été également recommandé aux opérateurs économiques de s’informer des réformes que le Gouvernement met en place pour faciliter le climat des affaires.

Au terme de ce premier Diner-Débat à Yaoundé, le Président du GICAM a, avant de remercier les principaux intervenants, les participants et les sponsors, indiqué que le GICAM mettra en place une cellule qui aura la charge de :  organiser les entreprises par métier pour accompagner le pays dans la réussite des CAN 2016 et 2019 ;  identifier les entreprises qui ont signé les MOU avec le Gouvernement pour la construction des stades et leur proposer des services ;  utiliser de manière optimale les dispositions sur la sous-traitance et la préférence locale. Rendez a été pris en mai 2015 pour un prochain Diner-Débat à Yaoundé, et dans deux semaines à Douala pour le dernier Diner-Débat du GICAM de l’année 2014 sur la question de la contribution des mines à l’accélération de la croissance.

Source: site du Gicam http://www.legicam.org/

 


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