Dossier de presse Sommet extraordinaire CEMAC 2016 à Yaoundé

Les 21 bonnes résolutions des chefs d’Etat de la CEMAC pour sortir la sous-région du marasme économique

 

Les chefs d’Etat membres de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), réunis en sommet extraordinaire vendredi 23 décembre 2016, dans la capitale camerounaise, Yaoundé, ont produit un plan d’urgence en 21 points visant à sortir la sous-région du marasme économique.

 

1. relever d’emblée que le renforcement de la stabilité macroéconomique ne nécessite pas un réajustement de la parité monétaire actuelle, mais plutôt des efforts d’ajustement sur les plans intérieur et extérieur, assortis de réformes structurelles adéquates

2. adopter des mesures pertinentes destinées à inverser durablement les tendances négatives de l’économie de la sous-région, combinant une politique budgétaire adéquate, une politique monétaire appropriée et une coopération internationale renforcée

3. réaffirmer leur vision commune de faire de la zone CEMAC un espace émergent dans un avenir proche, par la réalisation judicieuse des infrastructures nécessaires à la promotion d’un développement durable et inclusif au bénéfice de leurs populations

4. réitérer leur attachement indéfectible à la solidarité communautaire face aux chocs économiques et sécuritaires actuels et futurs.

5. geler les plafonds des avances statutaires de la BEAC au niveau fixé sur la base des recettes budgétaires de l’exercice 2014 en matière de politique monétaire

6. prescrire le renforcement de la stabilité financière de la zone CEMAC par une surveillance accrue du système bancaire et une utilisation optimale des instruments de politique monétaire.

7. engager la BEAC à proposer à brève échéance, en faveur des Etats, des mesures visant à promouvoir la migration progressive vers le financement par les Marchés de capitaux, en substitution des financements directs de la Banque Centrale.

8. renouveler leur engagement à poursuivre vigoureusement, au niveau de chaque pays, les ajustements budgétaires nécessaires à un rééquilibrage maitrisé, judicieux et progressif de leurs finances publiques.

9. conduire des politiques budgétaires ciblées en matière de dépenses publiques afin de préserver les acquis sociaux dans un contexte d’extrême fragilité économique et financière

10. s’engager à un redressement graduel du solde budgétaire des Etats et le ramener dans un délai de moins de 5 ans en dessous de 3%

11. maintenir un endettement viable et soutenable, en privilégiant les financements concessionnels et en favorisant les partenariats public-privé pour la réalisation des programmes d’infrastructures

12. saluer les conseils avisés et l’assistance technique des partenaires au développement

13. d’ouvrir et de conclure à brève échéance, des négociations bilatérales avec le FMI, pour mieux structurer les efforts d’ajustement de leurs Etats, les accompagner vers une sortie de crise et les aider à mettre en place les conditions d’une relance vertueuse et durable de leurs économies

14. solliciter en faveur de chaque pays, des mesures de renforcement d’une coopération internationale plus souple et flexible

15. recourir, en raison du caractère exogène des chocs économiques subis, à tous les partenaires multilatéraux en vue d’obtenir un large accès aux financements concessionnels nécessaires au renforcement de la balance des paiements et à la poursuite des projets de développement prioritaires

16. accélérer résolument la finalisation de la libre circulation des personnes et des biens, et la réalisation rapide des projets intégrateurs en préservant la sécurité

17. renouveler leur engagement commun, ainsi que leur détermination à améliorer substantiellement le climat des affaires en zone CEMAC, afin de promouvoir de manière vigoureuse l’activité économique créatrice de richesses, et mobiliser de façon optimale les recettes fiscales internes

18. engager leurs pays respectifs à renforcer la coopération fiscale internationale, afin de lutter contre la fraude, l’évasion et l’optimisation fiscales qui les privent d’importantes ressources

19. prescrire l’intensification des mesures et des actions en faveur de la diversification de leurs économies pour les rendre moins vulnérables aux 4 chocs exogènes, et plus compétitives face à la libéralisation des échanges commerciaux dans un monde de plus en plus ouvert

20. confier au Programme des réformes économiques et financières de la CEMAC la charge d’assurer le suivi des mesures prises et de rendre compte régulièrement de leur exécution

21. prescrire la tenue régulière à l’échelle ministérielle des rencontres de suivi-évaluation des mesures de redressement et de leurs effets sur la situation économique, financière et monétaire des pays de la CEMAC.

 

 

 

Discours de clôture de Paul Biya au Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat d’Afrique centrale à Yaoundé.

 

Messieurs les Présidents, Chers Frères,

Madame la Directrice Générale du Fonds Monétaire International,

Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances de la République Française,

Mesdames, Messieurs,

Dans mon propos d’ouverture, je n’avais pas caché que notre sous-région traversait une période difficile, en raison de chocs d’origine externe qui risquaient d’affaiblir sa croissance et, par-là même, de compromettre ses objectifs de développement.

Mais je disais aussi ma conviction que si nous étions prêts, ensemble, à prendre les décisions qu’exige la situation, nous pourrions, avec l’appui de nos partenaires, retrouver la voie du progrès économique.

Je pense que ce sommet spécial nous a permis de prendre l’exacte mesure des défis à relever et d’arrêter, de manière concertée, les solutions de nature à franchir ce cap périlleux.

Je crois qu’il convient de souligner cet élan de solidarité active, encouragé par nos amis traditionnels ; solidarité qui vise à sortir notre sous-région de ses difficultés actuelles. Nos échanges ont bien montré, me semble-t-il, que des actions conjuguées garantiraient davantage d’efficacité dans le présent contexte.

Bien entendu, ceci ne nous dispensera pas de prendre les mesures spécifiques répondant aux problèmes particuliers de chacun de nos pays.

La stratégie collective qu’il conviendra de mettre en œuvre, devrait porter sur un certain nombre de points fondamentaux.

Au plan budgétaire, pour préserver un solde soutenable, il serait nécessaire d’élargir l’assiette fiscale pour améliorer le niveau des recettes et la qualité de la dépense.

Il faudrait en même temps veiller à ce que ces mesures d’ajustement n’entravent pas la croissance et n’aggravent pas les conditions de vie des couches sociales les plus fragiles.

S’agissant de la dette publique, des dispositions devraient être prises pour en préserver la soutenabilité et la viabilité.

Dans le même ordre d’idées, il conviendrait d’obtenir de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux une plus grande souplesse, en raison de la forte baisse des cours des matières premières.

En ce qui concerne notre politique monétaire, notre Banque Centrale est venue en appui pour atténuer les chocs budgétaires. Mais d’autres leviers devraient être actionnés pour garantir notre stabilité monétaire menacée par des problèmes de balance de paiement.

Le concours du FMI serait sans doute indispensable, en coopération avec la France, notre partenaire dans le domaine monétaire.

Ai-je besoin d’ajouter que la réussite de cette stratégie est aussi fonction de l’accélération de l’intégration au sein de notre sous-région, de la diversification de notre économie et de l’amélioration du climat des affaires dans nos différents pays.

 

 

Messieurs les Présidents, Chers Frères,

Madame la Directrice Générale du Fonds Monétaire International,

Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances de la République Française,

Je crois fermement à la communauté de destin qui nous rassemble au sein de notre sous-région. C’est la raison pour laquelle je pense, qu’individuellement et collectivement, nous devons faire, en coopération avec nos partenaires, tous les efforts nécessaires pour lui donner les meilleures chances de renouer avec la croissance.

C’est l’intérêt de tous et de chacun.

Je vous remercie de votre attention.-

Yaoundé, le 23 décembre 2016

 

Déclaration de la Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, à l’issue de sa réunion avec les Chefs d’État d’Afrique Centrale

le 23 décembre 2016

  • Entretiens fructueux à Yaoundé avec les dirigeants des pays d’Afrique centrale sur les enjeux de la région
  • Le FMI reste un partenaire de la région dans ses efforts pour une croissance durable

Madame Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a publié aujourd’hui la déclaration ci-après à Yaoundé après sa participation à un sommet extraordinaire des Chefs d’État d’Afrique Centrale :

« Les entretiens qui se sont déroulés lors de ma participation au sommet des Chefs d’État d’Afrique Centrale à Yaoundé aujourd’hui ont été très fructueux. Des chocs de grande ampleur ont touché la région ces dernières années sur les six économies de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Une forte baisse des prix des produits de base, en particulier du pétrole, ainsi que les menaces pesant sur la sécurité et les troubles civils en République Centrafricaine ont pesé lourdement sur les soldes extérieurs et budgétaires de la région.

« Pour s’attaquer aux déséquilibres régionaux actuels, il convient de riposter de manière énergique et coordonnée. J’ai encouragé les dirigeants de la région à intensifier leur collaboration pour concevoir et opérer les réformes économiques et de promotion de la diversification économique qui sont nécessaires pour rétablir la stabilité macroéconomique dans chaque pays et dans la région dans son ensemble. Les bases d’un rebond soutenu de la croissance seront ainsi établies. J’ai également noté avec satisfaction que les autorités ont l’intention de considérer les mesures nécessaires pour atténuer les effets négatifs sur les groupes les plus vulnérables de la population.

« Le FMI est prêt à collaborer étroitement avec tous les gouvernements de la région pour les aider pendant cette période difficile. Nous continuerons d’apporter notre soutien aux pays de la CEMAC et aux institutions régionales, notamment en renforçant les capacités de la Commission de la CEMAC, de la Banque des États d’Afrique Centrale (BEAC) et de la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) dans les domaines de la gestion des finances publiques et de la politique monétaire.

« Je tiens à remercier sincèrement le Président Paul Biya, le Président Obiang en sa qualité de Président de la CEMAC et tous les Chefs d’État de la CEMAC de leur chaleureux accueil et de leur merveilleuse hospitalité. Le FMI reste le partenaire de la CEMAC face aux défis que la région doit affronter. »

Département de la communication du FMI
RELATIONS AVEC LES MÉDIAS

 

 

 

Source: Communiqué de presse FMI N° 16/579

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