Archive pour 21 mars, 2018

Problèmes et défis de la jeunesse camerounaise : synthèse

ARTICLE Les défis de la jeunesse camerounaise dans le contexte de l

 

 

 

Jeunesse camerounaise et développement

Problèmes et défis de la jeunesse camerounaise dans le contexte de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035

(image des jeunes récoltant du cacao )

D’un point de vue socio-politique, dans sa perspective de vision de développement à long terme, le Cameroun a élaboré sa nouvelle stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté. L’objectif de cette vision est de faire du Cameroun un pays émergent, moderne et démocratique à l’horizon 2035. Cette ambition légitime pour devenir une réalité exigera du Cameroun de poursuivre inlassablement et avec toujours plus de vigueur et de persévérance, les efforts de modernisation de son appareil de production des biens et services, des infrastructures économiques et sociales. Cette grande vision passe aussi par l’action productrice de la jeunesse camerounaise. Celle de moins de 35 ans, selon les récents chiffres issus du MINJEC en 2017, représente 70 % de la population camerounaise estimée à plus de 23 millions. La jeunesse camerounaise a donc un ensemble de défis à relever, entend que « fer de lance de la Nation » face aux problèmes auxquels elle fait face.

La jeunesse camerounaise reste confrontée à une kyrielle de problèmes sur les plans politique, social, économique etc. C’est donc autant de défis à relever autant par la jeunesse elle-même, que par les pouvoirs publics et les partenaires au développement. Au rang de ces problèmes et défis nous notons :
Le manque d’accès aux informations stratégiques. Des initiatives sont généralement prises en faveur de la jeunesse. Des programmes d’accompagnement sont multipliés et des projets sont lancés pour résorber les problèmes jeunes. C’est le cas du plan triennal Spécial Jeunes annoncé le 10 février 2016 par le Président Paul Biya et doté d’une enveloppe 102 milliards de FCFA, visant à faciliter l’insertion socio-économique des jeunes. Son lancement a été fait le 11 janvier 2017. Mais, ces programmes sont souvent mal connus de la cible, surtout lorsque le concerné n’a  pas « le réseau » ou « de relations » humaines ou encore lorsqu’il est dans l’arrière-pays.

Le chômage de la jeunesse gagne de plus en plus des proportions inquiétantes au Cameroun, tout comme dans plusieurs pays africains. Le rapport général publié en 2017 de la diaspora sur le forum de la jeunesse organisé par le Minjec en février 2012 mentionne que 76% des jeunes de moins de 35 ans n’ont pas d’emploi. Au sens large, le chômage des jeunes âgés de 15 à 35 ans est évalué à 15,5%, selon les résultats de la Deuxième Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel au Cameroun (EESI 2) de 2010. Le sous-emploi des jeunes n’est pas en reste. Les phénomènes de moto-taximen et la vente ambulante dans les artères de nos cités en sont des illustrations éloquentes. Les Unités de Production Informelle, c’est-à-dire, l’entreprise informelle, entend que la base économique de production de biens et de services, emploient environ 90% de la population active camerounaise selon les enquêtes de l’INS en 2005 et relevées dans le DSCE. La Fonction publique ne peut employer un grand nombre de jeunes, compte tenu des contraintes budgétaires. Certes les statistiques de l’Administration publique camerounaise publiées par l’INS dans l’Annuaire statistique 2015 confirment que ces effectifs ne cessent d’augmenter depuis 2011 avec le recrutement spécial de 25 000 jeunes diplômés dans la fonction publique. Ces jeunes ne se voient pas toujours confier de grandes responsabilités. Révolue est l’époque au cours de laquelle Paul Biya, l’actuel Président de la République du Cameroun, entrait au Gouvernement à l’âge de 29 ans en 1962 au poste de Ministre chargé de mission à la Présidence de la République ; Philémon Yang, actuel Premier ministre, est nommé en 1975 comme Vice-ministre de l’Administration territoriale à 28 ans. Marcel Niat Njifenji, actuel Président du Sénat du Cameroun, se voyait confier la Direction générale Adjoint de l’EDC (Société d’Electricité du Cameroun) en 1973, alors même qu’il est intégré à 26 ans à la Fonction publique en 1960 au grade d’Ingénieur des ponts et chaussées et des services techniques de l’Etat.
Le problème de l’éducation et de la formation professionnelle de la jeunesse camerounaise est aussi à pointer du doigt. Si plus de 75 000 jeunes, depuis 2009, arrivent chaque année sur le marché de l’emploi au Cameroun, près de 40% de jeunes au chômage sont des diplômés de l’Enseignement supérieur. Ces chiffres de l’Institut national de la Statistique repris le 7 novembre 2015 par la Délégation du Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle du Littoral lors d’une table ronde, prouvent l’inadéquation formation-emploi au Cameroun.
Le dynamisme de la jeunesse camerounaise en matière d’entreprenariat n’est plus à démontrer. Malgré le climat des affaires morose au Cameroun (163e / 190 dans le classement Doing Business 2018), le pays a occupé la première place en matière de création des entreprises selon le classement Global Entrepreneurship 2016. C’est dire que les jeunes excellent notamment dans la création de PME, des start-ups. Toutefois, ils doivent persévérer face au poids des impôts et des taxes (s’acquitter des frais de l’attestation de non redevance, de la déclaration de l’entreprise, des taxes liées au bail, des impôts mensuels…). La corruption en est souvent un raccourci. A propos de cette corruption, l’on a encore les chiffres de l’enquête menée en 2008 par le Gicam auprès de 1052 entreprises camerounaises. Il en est ressorti que 76% des Chefs d’entreprises confirmaient l’effet négatif de la corruption sur leurs activités en 2007. Triste, lorsqu’on sait qu’en outre, l’accès aux financements des projets d’auto-emploi des jeunes, l’accès à la propriété foncière, sont autant de problèmes qui prolifèrent à côté de la dépravation des mœurs, du manque de rectitude morale des jeunes, de la recherche du gain facile….Ainsi, des mesures d’urgence doivent être prises afin de relever les problèmes et défis de la jeunesse camerounaise dans le contexte de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035.
Nous y reviendrons ! Vous pouvez déjà réagir par rapport à cette synthèse !

Mars 2018
Par Arnaud Noël FOSSO 

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